5 conseils pour réussir le CRFPA

Prépa CRFPA

« Quand je serai grand, je serai avocat ! » Combien d’entre vous ont prononcé cette phrase bien avant de commencer leurs études de droit ? Et maintenant que vous avez obtenu les diplômes requis par les textes pour présenter l’examen d’accès au CRFPA (qui au passage sont les initiales de Centre régional de formation professionnelle des avocats), combien d’entre vous prennent la mesure du travail à fournir et de l’incertitude de la réussite après au moins quatre années de dur labeur à la fac ?

Que ce soit le taux d’échec impressionnant (environ 70% avant la réforme, on ne sait pas s’il va évoluer à la prochaine session), le sentiment que le programme est infini ou mal délimité ou encore la nécessité de maîtriser des épreuves jusque là inconnues (comme la note de synthèse), tout concours à démoraliser les candidats.

Alors voici 5 conseils pour que l’on vous appelle bientôt « Maître » !

1 - Il est nécessaire de commencer ses révisions tôt.

Les épreuves écrites se déroulent à partir du 1er septembre, et il est tentant d’y consacrer uniquement votre été. Ce serait une erreur pour deux raisons. Premièrement, la période estivale, pour des raisons évidentes de températures, d’ambiance générale, etc, est toujours peu propice à des révisions trop intensives. Par conséquent, même s’il faudra évidemment travailler d’arrache-pied pendant cette période, il est essentiel de ne pas y concentrer toutes ses révisions.

Deuxièmement, sur une période aussi courte, et en raison du nombre d’épreuves à préparer et de leurs spécificités, le mieux que vous puissiez faire sera du « bachotage ». Or réussir l’examen d’avocat nécessite d’avoir du recul sur les matières choisies et le droit en général. On ne devient pas un grand avocat uniquement en apprenant tout par cœur.

2 - Réviser la méthode, comme s’il s’agissait d’une matière à part entière.

En effet, et vous le savez depuis le début de vos études de droit, la méthode est essentielle. Un cas pratique ou une note de synthèse n’ont aucune chance d’obtenir la moyenne si la méthode n’est pas maîtrisée, et ce même si les connaissances sont satisfaisantes.

Et des difficultés supplémentaires s’ajoutent à cette exigence basique dans le cadre de l’examen d’accès au CRFPA, et souvent, les candidats n’en ont pas conscience.

Tout d’abord, les correcteurs sont bien plus exigeants, car la méthode est censée être acquise. Vous n’êtes plus en première année et les erreurs méthodologiques sont désormais impardonnables.

Ensuite, la méthode des différents exercices proposés au CRFPA diffère légèrement de celle enseignée à l’université et il importe que vous connaissiez ces particularités. C’est évident s’agissant de la note de synthèse, mais ça l’est aussi s’agissant du cas pratique.

3 - Il faut revoir les bases.

Ce conseil complète celui vous invitant à ne pas vous perdre dans le « bachotage ». C’est un conseil que je donne à mes étudiants depuis toujours, mais j’ai l’impression que sa pertinence a été en quelque sorte officialisée par la réforme de l’examen de 2017, qui, comme vous le savez, a ajouté à la liste des qualités que l’épreuve du grand oral permet d’apprécier chez le candidat, ainsi qu’au programme de l’épreuve, la « culture juridique générale».

En effet, trop d’étudiants révisent énormément, mais tellement mal ! Ils privilégient les détails juridiques au détriment des grands principes, évolutions, et fondements du système juridique qu’ils doivent avoir assimilés pour devenir avocat. Par exemple, certains étudiants connaissent des dates exactes, des numéros de pourvois ou des chiffres sans aucun intérêt et sont incapables de répondre lorsqu’on leur demande quelle est la valeur de la CEDH en droit interne. Dans une copie, ou pire encore, le jour du grand oral, c’est rédhibitoire…

N’oubliez pas que très souvent, les correcteurs ou membres du jury eux-mêmes ne connaissent pas tant de détails car ils savent que là n’est pas l’essentiel. Vous ne les impressionnerez donc pas. En revanche, une erreur sur les bases sera gravissime à leurs yeux.

4 - Ne pas se laisser influencer pour le choix de vos matières.

Ce choix est crucial pour votre réussite. Le risque est toujours que vous vous laissiez guider par des rumeurs et autres bruits de couloir (« tel prof met des meilleures notes que tel autre », « le programme en droit pénal est facile », « le droit civil c’est rigolo »). Et c’est le meilleur moyen d’être confronté à de graves déconvenues le jour de l’examen.

Il suffit évidemment que le professeur ait changé (ou même que les rumeurs soient arrivées jusque ses oreilles, que ça l’ait énervé, et qu’il change radicalement de méthode de notation), que l’on vous interroge sur la responsabilité pénale des personnes morales ou sur une liquidation de régime matrimonial pour que vos pronostics tombent à l’eau.

Privilégiez les matières pour lesquelles vous avez une véritable curiosité personnelle et qui ne sont pas trop éloignées de votre cursus pour être capable de prendre de la hauteur facilement.

5 - Se tenir au courant de l’actualité juridique.

Je sais bien que je ne vous apprends rien en vous disant que le droit est une matière en perpétuelle

évolution. Il est donc très important que vous soyez capable d’intégrer, au cours de vos révisions, l’actualité jurisprudentielle et normative dans les cours que vous utilisez, et ce jusqu’à l’examen, pour deux raisons.

D’abord, l’actualité peut être directement utilisée dans le cadre de l’élaboration des sujets, que ce soit pour les cas pratiques, la note de synthèse ou le grand oral.

Ensuite, même si elle ne fait pas directement l’objet d’un sujet, votre capacité à utiliser l’actualité de façon pertinente différenciera évidemment votre copie ou votre prestation orale des autres.

Voilà, vous l’avez compris, l’examen d’entrée aux CRFPA est difficile mais un travail rigoureux et constant vous permettront d’atteindre votre objectif, qu’il s’agisse d’un rêve d’enfant ou d’une vocation récente !